L’Ecurie a ouvert sa galerie et a proposé à Thomas Lélu de réaliser la première exposition  » Tendre Violence », des images sexy sur des capots de voiture, ouvert au public jusqu’au 5 mars.

Une image vaut mille mots. Cependant, il ne faut pas se fier aux premiers mots qui nous passent par la tête. Des voitures puissantes et des femmes nues juxtaposées apparaissent a priori comme des symboles communs du machisme et de la domination masculine. Mais c’est dans la désagrégation de ces clichés éculés d’assujettissement et d’emprise que repose le propos de cette exposition. Dans l’apposition de deux éléments aux références fortes, Thomas Lélu opère une transformation sémantique dans le prolongement de sa recherche continuelle de destruction des stéréotypes.

Au départ une voiture, un bien symbolique ostentatoire qui incarne la pluralité des possibles et surtout le contrôle ultime. Mais voilà, dans les œuvres exposées, le capot de voiture qui couvre un moteur rutilant est sensuellement enveloppé, voire neutralisé par l’image d’une femme forte nue provenant de magazines érotiques (et précisément non pornographiques) publiés dans les années 70. C’est sans coïncidence que les photographies ont été choisies car elles ont été prises dans un contexte d’émancipation sexuelle des femmes et de lutte contre les dispositifs de répression sexuelle.

Dans la déviation des images, Thomas Lélu rend compte de l’antagonisme et de la tension qui peuvent exister entre elles. Dans l’exposition, cette tension relate le rapport de force actuel entre les deux sexes et sous-entend que l’ascendant a peut-être changé de main en termes sexuels, voire de pouvoir. Et, tout simplement, l’érotisme est un jeu où il s’agit d’amener l’autre à sortir de sa cachette, à exposer ce qu’il a sous son capot.

L’Ecurie Galerie, 44 rue Lucien Sampaix, 75010 Paris

Jusqu’au 5 mars 2014