Texte et photos: Hervé Dewintre

J’attendais avec enthousiasme cet évènement et j’étais persuadé que mes compagnons de route, dont je vante habituellement la merveilleuse vivacité, trépignaient du même feu que moi.

En effet, ce soir de janvier, en plein cœur de la fashion week, les chasseurs que nous sommes avaient l’occasion de mettre dans leur viseur un gibier rarissime : un furet. Un furet avec un nez de cochon truffier. Car le singulier personnage qui s’affuble lui-même de ce descriptif inquiétant, c’est Jean-Jacques Picart, absolument inconnu du grand public mais puissant chef dans l’aristocratie de la mode.

J’avoue à ma grande honte que je n’avais qu’une connaissance très superficielle de cette personnalité importante. De Jean-Jacques Picart, j’avais compris qu’il avait guidé les premiers pas de stylistes (dois- je dire couturiers ou directeurs artistiques ?) bref, de stylistes aussi immenses que Thierry Mugler, Jil Sander, Jean-Charles de Castelbajac, Helmut Lang, Christian Lacroix, Hedi Slimane et plus récemment, de Guillaume Henry. J’avais remarqué également que c’était un remarquable expert en communication, dont les  avis éclairés étaient écoutés – et suivis – par les plus grands capitaines d’industrie : c’est-à-dire les propriétaires de grandes maisons et les dirigeants de griffes prestigieuses, Bernard Arnault en tête. Cette connaissance superficielle était néanmoins puissamment secondée par mon instinct de prédateur qui me dictait que cet homme de l’ombre était un pivot central de la grande Comédie Humaine de la Mode.

Ce soir-là donc, l’homme pivot dédicaçait à l’IFM (l’Institut Français de la Mode) son livre des vies et des modes : un carnet « de souvenirs, de notes, de témoignages et d’entretiens », réalisé en tête-à-tête avec le journaliste Frédéric Martin-Bernard. Avec Frédéric Martin-Bernard, je retrouvais une certaine assurance : en effet, je connais assez bien son parcours : parce que je l’admire et qu’à l’énoncé de son CV, une honteuse jalousie me dévore : journaliste de mode depuis 1996, Frédéric Martin-Bernard se consacra à l’écriture après avoir (longuement) étudié la mode sous tous ses prismes. Il fût d’abord free-lance au début des années 2000 pour de nombreux titres français : Dépêche Mode, Up Street, Le Figaro Quotidien, L’Express Styles, L’Officiel Hommes, Série Limitée Les Echos, Marie Claire et Marie Claire 2. Il règne aujourd’hui au Figaro, (le quotidien et le magazine) en tant que responsable de la mode masculine, tout en poursuivant une collaboration avec Marie Claire et Marie Claire 2 en mode féminine. Je ne le savais pas encore mais j’appris dans la soirée que c’est à Picart qu’il doit ses premiers pas dans le milieu. Il n’est pas le seul.
En clair, cette séance de dédicace murmurait de précieuses promesses d’émotions et d’enseignements et j’étais  impatient d’y être.

Je fis le tour de mes amis fashions pour organiser ce safari de choix au cœur de ce pays lointain qu’est le 13eme arrondissement, le long des quais d’Austerlitz, là où se dresse la cité de la mode qui héberge l’IFM. Je les imaginai, émerveillés d’avance à l’idée de m’accompagner. J’étais si naïf en janvier dernier.

Tous refusèrent à peu près aimablement mon invitation. Mon cher Fred, avec qui je tiens le blog fashion-spider était évidemment le plus pardonnable car il avait la plus beau des contre temps : il organisait au même moment l’after show de On aura tout vu et je me promettais bien d’écourter au plus vite ma séance de dédicace pour les rejoindre au VIP ROOM. Je m’adressai donc à Corinne qui venait tout juste de rejoindre notre blog et j’espérai que son statut de petite nouvelle confirmerait mon statut d’homme fort, respecté et écouté (la naïveté encore). À l’énoncé de ce périple, sa bouche toute pleine de petits fours s’ouvrit, ses yeux se fermèrent, et dans un rire impudent, elle me dit « hum, comment te dire, entre les défilés et les soirées… » : J’allais la reprendre avec la gravité de l’ancien qui n’accepte pas ce galvaudage de son prestige ni cette diminution de son autorité quand elle m’aplatit avec un « et puis de toute façon, à 19h tu ne seras pas encore levé non ? ». Je ne daignai pas répondre à cet humour qui me parut triste et dur et je me tournai vers ma chère dreamteam pour obtenir un peu de réconfort ; je n’y recueillis qu’un silence qui me parait encore aujourd’hui plus distrait que poli. Les jeunes blogueurs peut-être ? Si curieux, si vifs ! Mais là aussi, je fus déçu : même le fidèle Perceval me regarda avec les yeux ronds de la consternation quand je prétendis lui faire traverser la Seine pour honorer les souvenirs d’une époque révolue. Il était évidemment pardonnable car moi aussi, dans ma jeunesse, mes yeux se tournaient avec difficulté vers le passé qui n’avait (je le croyais en toute bonne foi) n’avait rien à me donner ni à me prendre : ce qui m’intéressait, c’était les jours à venir. Les notes sur des époques révolues, qui avaient consommés leurs calendriers ne m’intéressaient pas plus qu’une visite au cimetière.

Sans mes amis qui avaient d’autres chats à fouetter, j’attendis seul l’heure du départ vers les quais froids et hostiles, et je patientai de manière plaisante sur les bancs du défilé d’un créateur turc : Cengiz Abazoğlu. Tout en admirant les matières précieuses qui s’enroulaient autour des corps et les volumes qui rendaient hommage à Charles Frederick Worth, je pensai non sans amertume au dénouement de cette soirée qui promettait de se terminer à l’ombre de la solitude. C’était compter sans le hasard qui, en un éclair, me prit sous son aile bienveillante et fit apparaitre le beau sourire de l’amitié que m’adressait Philippe Fort.

En charge de la Mode et du Design à la Mairie de Paris depuis 2001, Philippe Fort est le premier professionnel que j’ai rencontré le jour où, par bravade amoureuse, j’eus l’audace de vouloir travailler dans le milieu de la mode. Philippe était chargé à la mairie de Paris d’accueillir et d’aider les porteurs de projets dans les secteurs de la mode, du design et des métiers d’art. Il leur proposait, grâce à des partenariats avec des professionnels, des rendez-vous personnalisés, avant de les orienter vers les boutiques de gestion. Je lui suis- aujourd’hui encore – très reconnaissant d’avoir su m’éclairer de ses précieux conseils. Je me rappelle avec tendresse de la chaleur de son accueil et de la bienveillance qui nimba ce premier rendez-vous. Depuis quelques mois, il a rejoint Esmod International Fashion University Group aux côtés de son Président Satoru Nino et de sa DG Christine Walter Bonini. Ses nouvelles fonctions au sein d’Esmod l’amène à superviser l’administration, les relations académiques et les aspects juridiques de l’école. Philippe est diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques et d’un troisième cycle (Sciences Po), et il a occupé diverses responsabilités au Musée Galliera et au Musée de la Mode de la Ville de Paris de 1995 à 2001, cette riche carrière, le large périmètre de ses sources d’intérêt et la vigueur de son tempérament nous fournissent un terreau de conversation merveilleusement fertile pour des discussions à brule pourpoint sur la politique, la culture et l’amour. Je ne m’avance pas en disant que je m’honore de son amitié. « Tu vas à l’IFM après ? Tu sais qu’après mes études, Picart est le premier professionnel vers lequel je me suis tourné quand j’ai voulu travailler dans la mode ! ». Encore un.  Je ne pouvais rêver de meilleur compagnon pour cette soirée.

Sur le trajet qui nous conduisait à la cité de la mode, je me demandais à quoi aller ressembler cette séance de dédicaces et j’en conçus quelques inquiétudes. Bien entendu, je ne contestais pas que Jean-Jacques Picart et Fréderic Martin-Bernard fussent deux seigneurs de la planète mode parisienne mais il est cependant indéniable que leur notoriété publique n’était circonscrite qu’à un groupe restreint de professionnels. Je craignais que le faible diamètre de ce cercle de grands connaisseurs ne suffise à remplir honorablement l’IFM. Je songeais aussi que ces mêmes professionnels – dont beaucoup sont des stars – n’avaient peut –être pas pour habitude de se déplacer à la signature d’un livre qui ne leur était pas entièrement consacré et dont ils n’étaient pas les auteurs. Et puis, nous étions en pleine fashion week durant laquelle tout le monde est si occupé…Et puis, les quais d’Austerlitz étaient décidément bien loin…Ces interrogations cessèrent quand nous franchîmes les portes de l’IFM. Au premier regard, je fus stupéfait.

Plusieurs files s’allongeaient, zigzagantes mais raisonnablement organisées, et se terminaient devant deux petites tables. Derrière ces tables, les bustes des deux héros enchainaient avec un plaisir visible les paraphes entre deux embrassades émues. Mais ma plus vive impression, je la dus à la composition de ces files : toutes les figures qui y patientaient avec bonne humeur et, m’a-t ’il semblé, avec une certaine humilité, appartenaient à des « VIP » de la profession. Les stylistes les plus hypes de la capitale, le nec plus ultra du journalisme de mode et le gotha des éditrices faisaient la queue, comme des fans véritables, pour obtenir une dédicace, et sur leur cœur, ils serraient précieusement le beau livre qu’ils venaient d’acheter.

La suite de cette soirée, je vais la raconter en images. Elles révèlent un réseau d’amitiés insoupçonnable mais que le diaporama suivant rend irrécusable. Ses amitiés sont la meilleure publicité de ce carnet de souvenirs qui pourtant a été pensé pour les générations futures. Il souligne les liens forts qui unissent de puissants acteurs de la mode et la richesse d’une toile que Picart, en homme araignée, s’est employé à tisser et où il doit être plaisant de se laisser piéger.

Carine Roitfeld ne pose pas comme tout le monde, elle ajoute cette touche de minauderie glamour qui a fait sa gloire. « il faut vraiment qu’on aime Jean Jacques pour venir aussi loin »


Jean Jacques Picart et Donald Potard. C’est la première fois que j’approchais Picart. Comme il est multi casquette, inclassable et que de son propre « aveu » il se glisse partout, je pensais qu’il aurait l’attitude d’une fouine, avec un regard torve sur une mine chafouine. Ceux sont pourtant ses yeux francs qui vous regardent bien en face qui m’ont saisi d’emblée. Il n’est pas contrairement à mes idées reçues un fabricants de « piques » et de bons mots mais une éponge visiblement passionnée des autres, « de tous les autres ». Sa réputation de malice vient sans doute du fait qu’il dit ce qu’il pense. Donald Potard a beaucoup de points communs avec Picart. Forte nature, tenant avec beaucoup de difficulté sa langue dans sa poche, il a dirigé une grande maison de couture (Potard fut pendant 25 années le dirigeant de ma maison Jean-Paul Gaultier quand Picart veillait au même moment à la destinée de Christian Lacroix), il aime lui aussi à tisser des liens affectifs nouveaux entre les créateurs et l’industrie. Deux atypiques qui n’ont jamais dit leur dernier mot. Je suis heureux de les faire poser ensemble.


Le portugais Felipe Oliveira Baptista et le brésilien Gustavo Lins, deux figures importantes dans mon panthéon personnel de la création parisienne. Ils démontrent chacun à leur manière que les initiatives personnelles sont encore possibles. Felipe est le nouveau directeur artistique de la marque Lacoste. Il sollicite régulièrement l’avis de Picart sur l’évolution de sa carrière.


Mon cher Philippe Fort pose aux cotés de Michelle Montagne et de Didier Grumbach. J’ai dis ailleurs, sur fashion spider http://www.fashion-spider.com/didier-grumbach-les-bloggeurs-et-moi.fashion, l’importance de Monsieur Grumbach, président de la Fédération française de la couture, au sein de la planète mode. Je disais dans ce billet d’humeur l’importance d’ouvrir les défilés de modes « à tous les autres », c’est à dire aux bloggeurs. Je ne sais pas si ce puissant président s’est penché sur mes états d’ames, mais je sais en revanche que son secrétaire, Jimmy Pihet, n’a pas du tout apprécié mon outrecuidance. Comme je savais aussi que Michelle Montagne, grande attachée de presse, à la férocité légendaire, n’était certainement pas de mon avis sur cette question puisqu’elle considère le blogueur comme une atrocité de la nature, je n’en « mène pas large » en prenant la photo.


Frederic Martin-Bernard, à coté de « JJP » enchaîna les dédicaces toute la soirée. On leur avait conseillé de ne signer qu’une brève et médiocre formule de remerciement par souci d’efficacité : je témoigne formellement, qu’étreints par l’émotion, ils s’appliquèrent tous deux à parapher dignement chaque exemplaire.




Ines de la Fressange immortalise l’évènement. La complice de longue date de Jean-Jacques Picart, est reporter d’un jour pour madame figaro . Un chapitre lui est consacré dans le livre. Elle était si radieuse (l’amour sans doute) et son nouvel emploi me parut si cocasse qu’il fut bien difficile de ne choisir qu’une seule et unique photo d’elle. D’ailleurs, je n’ai pas réussi.


Jovial, comme à son habitude, Kenzo est venu lui aussi rendre hommage à l’homme de l’ombre. Suzy Menkes appuie dans son interview ce que la mode lui doit.


Laurent Suchel et Philippe Fort. J’ai déjà interviewé Laurent Suchel, autre grand attaché de presse de la place parisienne, à l’occasion des 170 ans d’Esmod. J’ai apprécié la fraîcheur de son regard sur le monde de la mode. Un recul qui n’interdit pas l’enthousiasme.


Autre grande professionnelle du stylisme photo, Lisa Astorino m’a toujours séduit par sa simplicité sans emphases. Elle garde la tête froide, qualité rare.


Philippe Fort entouré de Tomek Kolarski et Jacques-Emmanuel Falempin, respectivement attaché de presse et directeur général de la maison Maxime Simoens. Si le physique du personnel de cette maison nous enchante, il faut noter plus sérieusement que la « nouvelle génération » reste friande des « petites histoires de mode » et des prophéties d’un pygmalion qui vient de traverser quatre décennies de carrière.


Marie-Ange Horlaville et Felix Farrington, styliste et complice de Didier Ludot.


Marie Christiane Marek, ivre de joie et de fierté en montrant le chapitre qui lui est consacré au ténébreux Tomek.

Sur Marie-Christiane Marek et Marie-Ange Horlaville, deux grandes dames qui ont su conjuguer mode et télé,  sur les critiques de mode, qui écrivent dans un quotidien le lendemain des défilés (Suzy Menkes pour l’international Herald Tribune, Virginie Mouzat au Figaro, Cathy Horin au New York Times,  sur les « rédactrices » de mode, qui n’ecrivent pas mais qui créent des images de mode dans les magazines( Carine Roitfeld pour ne citer que la plus médiatique),  il faut lire les réflexions très interessante de Jean-Jacques Picart lui même dans le blog qui lui est consacré sur gala.fr Sa conclusion est frappante: une collection peut etre critiquée par le Herald Tribune et plébisicitée par le Elle: il faut donc tout relativiser car en mode, il n’y a pas de vérité absolue.


Claude Montana fut avec Thierry Mugler la plus grande star de la mode dans les années 80. Je ne l’ai pas vécu (je suis si jeune), mais les temoins de l’époque m’ont confirmé l’hystérie que déclenchait les deux créateurs. Il fallait même, à la piscine Deligny, piscine découverte qui a coulé (!) depuis choisir son camp.: on était Montana ou Mugler. Montana arrive ce soir là à pas lents et hésitants et avec le sourire d’un vieux monsieur charmé de se distraire dans le crépuscule de sa gloire qui s’est depuis longtemps consumé. Picart est sincèrement ravi de le voir mais j’ai quand même un petit pincement au coeur devant l’indifférence poli qui l’entoure. La gloire liée à la mode, qui oublie vite, est pleine de dangers.


Peter Dundas

Je prends suzy menkes et didier ludot en photo. La grande journaliste, peut être la plus respectée du monde de la mode, me tends ensuite son appareil. Un jetable a roulettes avec négatif. Elle veut sa photo souvenir. Je propose de doubler la photo, elle s’ingurge, catégorique: « Non, jamais deux fois! » L’art d’etre Unique!


Mes impressions sur le contenu de l’ouvrage ne sont pas la finalité de ce billet d’impressions. Je peux juste vous dire en quelques mots que Jean-Jacques Picart, d’un ton vivant et dans une ambiance romanesque, raconte le début du prêt-à-porter, les « créateurs » de mode, l’hysterie des premiers défilés spectacles avec Kenzo Takada, Thierry Mugler, Claude Montana, le retour du beau vêtement. Les interviews des créateurs (Riccardo Tisci, Jean-Charles de Castelbajac , Kris Van Assche, Guillaume Henry, Christophe Lemaire, Christian Lacroix, Thierry Mugler, Popy Moreni, Felipe Oliveira Baptista, Helmut Lang, Jean Colonna, Dries Van Noten sont de très interressantes leçons de mode. Les focus sur Guy Paulin et Melka Tréanton m’ont ému. Les témoignages de grands acteurs de la profession : Georges Bully (grand directeur de la communication, Marie Christiane Marek (qui contribua fortement à la starification des stylistes sur le petit écran), Laurent Suchel (attaché de presse qui me surprend toujours par la fraicheur avec laquelle il sait raconter les ambiances révolues), Ines de la Fressange (qu’on ne présente pas) éclairent nos connaissances par la diversité de leurs confidences et de leurs anecdotes. J’ai dévoré les interviews de Claude Brouet qui était déjà journaliste au ELLE en 1953, de Catherine Russo, témoin incontournable, mais aussi celle de Pascale Mussard, ainée des arrière-petits-enfants d’Emile Hermes, et le récit du réveil d’Hermès grâce à Jean-Louis Dumas qui écoutait avec beaucoup d’intérêt Jean-Jacques Picart. La description de Hedi Slimane avant ses années Dior m’a ébloui. La présence dans ces pages de Janine Ouvrad, première d’atelier, m’a fait bonne impression et j’ai ri de bon cœur quand Suzy Menkes confie qu’elle s’est déguisée en « bonne » puis s’est cachée pendant des heures sous un podium pour pouvoir assister à un défilé.

Je suis sorti de cette lecture avec le sentiment contradictoire que la Mode avait la mémoire courte mais que le « milieu » avait l’amitié solide. J’ai également eu l’impression que la mode était un monde dangereux mais je ne saurais vous dire si c’est le danger qui en fait le charme ou si c’est le charme qui en exalte le danger. Les interviews furent réalisées entre avril 2010 et novembre 2011. On en mesure d’autant mieux la valeur.

Ps : je m’attendais à une avalanche d’articles à la parution de ce livre. Pour des raisons que je ne m’explique pas, ce ne fut pas vraiment le cas. Je cite l’excellent article du monde qui précise avec une scrupuleuse honnêteté que Picart et sa femme Nicole ne font pas forcement l’unanimité, je cite ce passage où l’auteur ne mache pas ces mots:   » Avec Carine Roitfeld ou Didier Grumbach (le président de la Fédération française de la couture), s’emporte une rédactrice de mode qui préfère rester anonyme ( » on ne sait jamais « ), les Picart font partie de l’aristocratie de la mode. Ils défendent un système, celui du luxe industriel incarné par les grands groupes, sclérosé et sclérosant pour la création française. «  Et d’ajouter : » Picart peut toujours soutenir Guillaume Henry ou Maxime Simoens chez Leonard. Ils sont relégués dans des maisons qui n’intéressent pas grand monde. La mode française a besoin de nouvelles têtes pour être plus créative.  »  » On le voit partout. Mais personne ne peut dire quelle est son influence réelle « . Il faut remarquer aussi une interview complète dans le ELLE  et bien sur mon cher Patrick Cabasset qui ne me déçoit décidément jamais pour la singularité de son regard et par sa liberté de ton et qui posta ce billet savoureux, http://www.lofficielmode.com/2012/01/26/jean-jacques-picart-hit-signature-a-l%E2%80%99ifm/ dès le lendemain de cette soirée.
Et c’est à peu près tout. Parce que cet ouvrage me parait important et d’une belle valeur pédagogique, et parce qu’il se lit comme un roman, j’ai sollicité une précieuse partie de votre temps pour la lecture d’un post d’une longueur peut être insolente. Pour ma défense, je citerai cette superbe citation de Picart : « Les recettes d’hier ne sont peut-être pas celles d’aujourd’hui mais rien ne dit qu’elles ne feront pas les succès de demain.»