Créé par Luigi Di Donna, photographe de mode, Red Collector, un des magazines les plus chers du monde sort un nouveau numéro. A l’heure où les Bourses du monde entier donnent des sueurs froides, ce pari fou et innovant n’est peut-être pas totalement déraisonnable. Au mois d’aout, je vous parlais de mon livre coup de coeur, Red Collector étais créé et sortait son premier numéro sous l’égide de la maison Jean-Paul Gaultier. La seconde édition qui est sorti il y a quelques jours met en avant la mytique maison italienne de mode Gucci.

Je vous ai donné mon point de vue pour le premier numéro, je laisse son fondateur s’exprimer pour ce post.

Erick Haehnsen à recueilli les propos de Luigi Di Donna :

Quel a été votre parcours ?

Après avoir fait l’école de photographie Louis Lumière, j’ai été l’assistant d’un grand photographe à New York. Ensuite, j’ai travaillé à Milan avec les plus grandes agences de mannequins. Puis je suis revenu à Paris avec un booksolide et professionnel. Je décide avec qui je veux travailler et sur quels sujets. Je refuse qu’on m’impose des codes car je veux plus que tout montrer ma vision sans me laisser influencer ou enfermer. Comme au cinéma, dont je suis un passionné, je mets l’image en scène en cherchant pour chaque shooting le décor, l’ambiance et je dessine un storyboard. Je ne travaille pas en studio. Je cherche les décors comme au cinéma. Je shoote toujours en lumière du jour.

Quel est le concept de Red Collector ?

Je me suis inspiré d’un objet, d’un 33 tours vintage des Rolling Stones qu’on m’avait offert. J’ai constaté que, pour la plupart des magazines avec lesquels j’ai travaillé, lorsqu’une photo plaît à un lecteur, il déchire la page et la range avec d’autres. Moi, je voulais faire un magazine que l’on garde, un collector que l’on range dans sa bibliothèque. Quand on sort un disque de sa pochette, pour le mettre sur la platine, on y fait attention. C’est la même chose avec le Red Collector. Quand on le sort de son coffret, on le respecte. J’ai repris cette idée de l’énorme format carré du 33 tours (310 mm x 310 mm). Le magazine qui en résulte est de grande qualité. C’est un très bel objet qui pèse 3 kg ! Le papier est en 200 g et la couverture en 400 g. Il sortira 2 fois par an, en juin et en décembre. Son positionnement est très haut de gamme puisqu’il se vend 30 euros et même 40 euros avec le coffret.

Quelle est la ligne éditoriale ?

La priorité, c’est la qualité de l’image ! Red Collector traite de l’art, de l’architecture, du design, de la décoration, de la mode, de l’accessoire, de l’illustration, du voyage, de la gastronomie et de l’enfant. Il y a même l’horoscope ! Chaque collaborateur a le droit de s’exprimer comme il le veut. Concernant les photographes, je leur demande de me raconter l’histoire qui accompagne leurs photos. C’est ce que je publie. Par ailleurs, dans chaque numéro, il y a 5 stylistes. L’un d’entre eux va définir les thèmes à suivre. Dans le prochain numéro, nous aurons le plaisir de recevoir la styliste Sylvie Portugal. De plus, nous mettons à l’honneur un créateur dans la rubrique  »Tapis rouge ». Nous l’avons dédiée à Jean-Paul Gautier dans le premier numéro. Pour la prochaine édition, ce sera Gucci. Enfin, nous allons proposer à un créateur mode ou accessoire de dessiner sa vision de la femme, par exemple, une femme nue sur le thème de la sensualité.

Une autre particularité ?

Il y a une rubrique qui s’appelle  »Convoitises ». Il s’agit de dénicher des produits mythiques, comme l’œuf de Fabergé. Ou de montrer comment des designers ré-interprètent des produits phare comme la bougie ou le parfum de chez Diptyque. Nous aimons raconter l’histoire d’une  »maison », ressortir ses anciennes collections, ses collections vintage. Cela n’est pas coupé de l’actualité. Par exemple, Hennessy ont conçu une nouvelle carafe pour un de ses cognacs haut de gamme. C’est l’occasion de redécouvrir l’histoire de cette maison.

Vous vendez votre magazine très cher…

Oui mais regardez les sacs de chez Vuitton ou Chanel. Certains se vendent 3.000 euros ! Ceux qui peuvent se les offrir ont également les moyens d’investir 30 ou 40 euros dans un magazine de luxe. Si les gens achètent Red Collector à ce prix, c’est qu’ils estiment qu’il les vaut.

Comment distribuez-vous Red Collector ?

Dans les musées, par exemple aux Arts Déco, dans les galeries d’art (Artcurial), les librairies d’art et de mode comme Agora Presse, WH Smith ou Mode information (la librairie de la mode ) OFR à Paris. Peu à peu le réseau s’étend.

Pensez-vous devenir rentable ?

Oui même si ce n’est pas l’objectif premier. D’ailleurs, notre tirage est en train d’augmenter dans une fourchette comprise entre10.000 et 40.000 exemplaires en raison de la demande qui s’exprime à l’étranger (notre magazine est à la fois en français et en anglais) : à New York, Londres, Barcelone,Brésil, Japon,Chine,Belgique,Allemagne,Gréce,Italie,Singapoure,Thailande,Norvege,Hong Kong ,

Le prochain numéro sera fait en partenariat avec l’Hôtel Lutetia, le palace de la rive gauche parisienne.

Vous pourrez retrouver Red Collector au prix de 30€ seul ou 40€ dans son coffret collector chez Agora Presse, Wh Smith, Mode Info (librairie de la mode ), OFR, Artcurial, les Arts Décoratifs, le Bon Marché, Artazart, à l’Hôtel Lutétia et aussi, dans 14 pays : Etats Unis, Angleterre, Belgique, Espagne, Italie, Japon, Chine, Brésil, Allemagne, Thailande, Grèce, Norvège, Suède, Russie…