On pourrait croire qu’un luminaire se contente d’éclairer. Mais chez Lasvit, il joue. Il improvise. Il souffle. Miles, la nouvelle collection du duo Yabu Pushelberg, puise dans la musique — ou plus précisément dans ce moment suspendu où un jazzman ose un solo. C’est là, entre respiration et tension, que la magie opère.
Le souffle, justement, est au cœur du processus. Celui des artisans verriers de Lasvit, que l’on imagine concentrés comme des trompettistes en pleine montée. Chaleur, maîtrise, souffle long : chaque pièce de la collection Miles semble sortie d’un cuivre, polie par le son. Empilables comme des notes dans une gamme, les éléments de Miles créent des totems lumineux d’une élégance sculpturale. Les lignes extérieures sont sobres, presque silencieuses, tandis que l’intérieur vibre de courbes cannelées, comme un écho aux pavillons de trompettes. C’est à la fois puissant et doux, spectaculaire sans jamais crier.
Lasvit continue ainsi d’explorer ce point d’équilibre subtil entre tradition artisanale et geste contemporain. Dans cette partition de verre, il y a de la virtuosité, mais surtout de l’émotion. Comme un standard de jazz qu’on croyait connaître, et qui pourtant surprend encore.